PEre Henry James Coleridge SJ

Elle était vierge avant, pendant et après la naissance de son Fils divin.
Ce n’est pas qu’il puisse y avoir un doute sur la vérité dans un esprit qui a appris à réfléchir correctement à propos de notre Seigneur et de Sa Sainte Vierge. Tout ce qui a été dit jusqu’ici concernant sa merveilleuse élévation dans l’ordre de la grâce doit être oublié, avant qu’une telle idée ne puisse entrer dans l’esprit qu’elle ne peut être rejetée avec indignation et dégoût, sauf dans la mesure où elle est le fruit d’une opinion ignorante, fondée sur une mauvaise interprétation des Écritures, dont nous parlerons séparément.
Les raisons auxquelles nous faisons référence se trouvent dans la Somme de saint Thomas, exposée avec sa manière merveilleusement concise et chargée de volume, et le commentateur dévot Suarez en a ajouté une de plus. Saint Thomas se contente de prendre les personnes impliquées dans l’exécution du mystère de l’Incarnation, et montre en quelques mots à quel point il aurait été indécent et incongru pour eux si la calomnie helvétienne avait été vraie.
Notre Seigneur Lui-même est l’unique engendré de son Père, qui répand dans Sa Génération Éternelle l’intégralité, pour ainsi dire, de Sa Paternité. Il communique à Son Fils toute sa substance, et fait de lui l’expression complète et parfaite de son propre Être Infini. Il aurait été indécent et inapproprié qu’Il n’ait été qu’un des nombreux enfants de n’importe quelle mère terrestre, partageant avec eux sa fertilité maternelle, ses soins et son amour, qui ne pouvaient appartenir après Lui à personne d’autre.
De la part du Saint-Esprit, par l’opération duquel notre Sainte Dame était devenue la Mère de son Enfant Divin, il aurait été indigne au plus haut degré que celle que Il avait fait de son propre sanctuaire pour la production et l’éducation de la Sainte Humanité avait ensuite été touchée par quiconque. Aucune profanation d’un temple matériel, ni de tout vase sacré consacré aux fins les plus saints, ne pouvait égaler l’indécence à cela.
De plus, la Sainte Vierge elle-même, même en mettant de côté sa consécration de vierge, aurait fait preuve à la fois d’incontinence et d’ingratitude pour les plus grandes faveurs jamais accordées à un être créé, si elle avait sacrifié cette Virginité préservée par un miracle particulier, et permis à la chambre dans laquelle le Christ avait été conçu et élevé de souffrir de pollution.
Il y a la même indécence à supposer sous cette hypothèse chez le bienheureux Joseph. Nous avons vu qu’il est décrit dans les Évangiles comme quelqu’un de juste, de pur et de révérence singulières. Nous avons vu comment la connaissance de la Conception Divine, qui avait eu lieu dans le ventre de sa fiancée la bien-aimée, le remplissait d’une telle admiration sainte qu’il pensait à la quitter, plutôt que de s’immiscer en tant que son mari dans la sortie du grand mystère de l’Incarnation.
Il est certainement tout à fait approprié et raisonnable de penser qu’après cette merveilleuse naissance, il aurait été au moins aussi respectueux pour Marie qu’auparavant. Et puis, nous avons vu qu’il partageait, dès le moment même de leur mariage, sinon avant, le saint dessein de la continence dans l’état conjugal qu’elle avait été la première à concevoir.