Page 254 - demo
P. 254
PSAUTIER MONASTIQUE
trouve, consumé par la douleur et le repentir, jusqu'à en perdre
les forces. À la fin, plein de confiance en Dieu, il annonce sa
délivrance de ses ennemis, délivrance qui sera pour lui comme
le signe et le gage que Dieu lui a pardonné et lui a rendu sa
faveur.
Ce psaume est le premier des sept que l’Église appelle
Psaumes pénitentiaux. Il figure aussi au Rituel pour la visite aux
infirmes et comme prière en temps de peste.
7 Appel à la Justice Divine — Saül, jaloux de la gloire et des
exploits de David, avait essayé plusieurs fois de le mettre à
mort. Sa haine était encore excitée par les calomnies de
courtisans perfides, parmi lesquels se trouvait un homme de la
tribu de Benjamin, nommé Chus ou Chusi ; ils faisaient
entendre au roi que le jeune héros avait formé une conspiration
pour le renverser du trône et régner à sa place. C'est à l'occasion
de ces calomnies que David, errant et fugitif, composa ce
Psaume. Il commence par implorer le secours de Dieu (vers. 2-
3), et proteste qu'il n'a donné à ses ennemis aucun sujet de le
haïr (4-6) ; que le Seigneur prononce entre eux et lui (7-10) ; le
méchant ne saurait échapper à sa justice (11-17). Il termine par
un cri de reconnaissance (vers. 18). Comp. I Rois, 24, 10 sv.
Dans le sens spirituel, David représente le Messie, calomnié
et persécuté par ses ennemis. Tout pécheur doit se considérer
humblement comme un de ces ennemis, puisqu'il a contribué
par ses fautes aux souffrances du Sauveur. Qu’il se hâte donc de
se convertir, s'il veut échapper à la justice de Dieu.
8 Grandeur de Dieu ; sa bonté pour l'homme (Cri
d'admiration) — Ce psaume est un écho poétique du récit que
Moïse nous a laissé de la création. David commence par
célébrer la grandeur de Dieu manifestée dans ses œuvres d'une
manière si frappante, que les enfants mêmes la saisissent et la
proclament à leur manière, à la confusion des impies (vers. 2-3).
Cette grandeur de Dieu fait d’autant mieux ressortir sa bonté
pour l’homme, cet être petit et faible, qu’il a établi roi de la
création (4-9). Un refrain encadre le tout.
Ce qui est dit ici de l'homme en général convient dans un
sens supérieur à l'homme par excellence, au Verbe incarné, au
Fils de Dieu fait homme, en qui et par qui la nature humaine a
été rétablie dans son intégrité originelle, et qui a reçu de son
Père la domination universelle sur toutes les créatures. Cf. Mt
21, 16 ; I Cor 15, 27 Hébr. 2, 10.
9 Action de grâces et prière — Ce Psaume est, dans la
première partie (vers. 2-21), un chant de reconnaissance pour
254

