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PSAUTIER MONASTIQUE


          sainte, et pour avoir droit à sa protection. Sion et le tabernacle
          sont la figure de l'Église de la terre et du sanctuaire du ciel.
             15 Dieu est la part du juste — David composa ce cantique
          pendant la persécution de Saül, alors qu'il était réduit à vivre en
          fugitif sur la terre étrangère, et entouré d'idolâtres (I Rois, 26-
          30). Au milieu des dangers qui menacent sa vie, il conjure le
          Seigneur de le sauver de la mort ; car toute son affection est
          pour lui et pour les saints qui habitent le pays d'Israël (vers.1-6).
          Dans la confiance que lui donne son union avec Dieu, il
          tressaille de joie, sentant qu'il n'a rien à craindre du tombeau, et
          que des délices sans fin lui sont réservées dans la contemplation
          de la face divine (7-11).
             S. Pierre et S. Paul, au livre des Actes (2, 25 ; 13, 35 suiv.),
          expliquent les derniers versets de ce Psaume de la mort et de la
          résurrection de Jésus-Christ, dont « l'âme n'a pas été laissée au
          pouvoir des enfers (limbes), » et dont « la chair n'a pas connu la
          corruption » du tombeau. Nous avons donc ici un Psaume
          messianique, c'est-à-dire se rapportant au Messie. Tout en
          parlant de lui-même, David se sert d'expressions qui ne
          conviennent rigoureusement qu'au Sauveur et qui sont une
          véritable prophétie.
             L'Église fait usage de ce Psaume dans l'office du Samedi
          saint, qui nous rappelle la présence du corps de J. C. dans le
          tombeau, ainsi que la descente de son âme sainte aux enfers,
          pour annoncer sa venue et leur délivrance aux justes de
          l'ancienne loi (vers. 10-11). Elle l'applique également à ceux
          qui, en entrant dans la cléricature, prennent le Seigneur pour la
          part de leur héritage (vers. 5-6).
             16 Demande de secours — Ce Psaume appartient, comme le
          précédent, à l'époque de la persécution de Saül. Il consiste en
          une prière adressée au Seigneur par David. Trois pensées
          principales le partagent : justice du Psalmiste (vers. 1-5) ; que
          Dieu le sauve de ses ennemis (6-12) ; que les méchants soient
          punis et le juste délivré (13-15).
             Dans le sens spirituel, David représente le Sauveur persécuté
          par les juifs, l'Église et les justes en butte à la méchanceté des
          impies.
             17 Chant d'action de grâces — Ce Psaume est un cantique
          d'action de grâces, composé par David après la soumission
          complète de ses ennemis extérieurs, ainsi que des partisans de
          la famille de Saül. La période décrite, II Rois 7-9, est celle qui
          paraît le mieux lui convenir. Les pensées se suivent dans l'ordre
          suivant : Exorde ou début (vers. 2-4) : louange au Seigneur.


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