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PSAUTIER MONASTIQUE
La Vulgate inscrit le nom de David en tête du Psaume ; mais
comme ce titre manque dans l'hébreu, on doute que le roi-
prophète en soit l'auteur.
33 Action de grâces au Seigneur qui protège le juste —
Poursuivi par Saül, David s'était réfugié chez les Philistins. Il
espérait bien n'être pas reconnu par ceux auxquels il avait
naguère infligé une sanglante défaite ; il le fut pourtant et ne put
s'échapper qu'en contrefaisant l'insensé (voy. I Rois, 21).
Dans ce cantique, il rend grâce au Seigneur de sa délivrance,
et il exhorte tous les justes à bénir avec lui un Dieu qui prend
des siens un soin si touchant (vers. 2-11) ; puis, sur un ton plus
simple et plus familier, il enseigne aux hommes le moyen de
mériter la faveur divine (12-23).
34 Appel à la justice divine — Ce Psaume est l'expression
d'une âme en proie à une profonde douleur et une vive émotion.
Prières, plaintes, cris d'espérance s'y succèdent brusquement.
Les mêmes pensées et les mêmes sentiments reviennent tour à
tour dans les trois parties dont il se compose : vers. 1-10 ; 11-
18 ; 19-28. Quoiqu'il se rapporte directement à la situation de
David pendant la persécution de Saül, Notre-Seigneur s'en est
approprié quelques mots du vers. 19 (Jean, 15, 25) nous
indiquant par-là que, dans le sens spirituel, David figure ici
Jésus-Christ en butte à la haine des Pharisiens, particulièrement
au temps de sa passion.
35 Malice de l'impie ; bonté de Dieu — David commence
par décrire la profonde perversité des méchants (vers. 2-5) ;
puis, pour rassurer les justes, que cette peinture aurait pu
effrayer, il met en regard le tableau de la miséricorde et de la
fidélité de Dieu envers ses serviteurs (6-13).
36 Le bonheur du méchant ne dure pas (La Providence
justifiée) — C'est sur la fin de sa vie que David composa ce
Psaume, fruit de sa longue expérience. Il s'adresse à tous ceux
qui seraient tentés de se décourager ou de murmurer en voyant
les méchants dans la prospérité, et les justes dans l'affliction et
la souffrance : cette prospérité et cette souffrance, leur dit-il, ne
sont qu'accidentelles et passagères ; le malheur ne manque
jamais d'atteindre le méchant ici-bas, et le juste est assuré de
retrouver le bonheur. Dans l'Ancien Testament, les
récompenses promises aux fidèles serviteurs de Dieu sont
surtout des biens temporels. Non pas que les Hébreux
ignorassent l'existence d'une vie future ; mais les notions qu'ils
en avaient étaient encore obscures et confuses, et cette croyance
n'avait que peu d'influence sur leur vie morale. Grâce aux
lumières que l'Évangile a fait briller dans le monde, les
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