Page 261 - demo
P. 261

PSAUTIER MONASTIQUE


             La Vulgate inscrit le nom de David en tête du Psaume ; mais
          comme ce titre manque dans l'hébreu, on doute que le roi-
          prophète en soit l'auteur.
             33 Action de grâces au Seigneur qui protège le juste —
          Poursuivi par Saül, David s'était réfugié chez les Philistins. Il
          espérait bien n'être pas reconnu par ceux auxquels il avait
          naguère infligé une sanglante défaite ; il le fut pourtant et ne put
          s'échapper qu'en contrefaisant l'insensé (voy. I Rois, 21).
             Dans ce cantique, il rend grâce au Seigneur de sa délivrance,
          et il exhorte tous les justes à bénir avec lui un Dieu qui prend
          des siens un soin si touchant (vers. 2-11) ; puis, sur un ton plus
          simple et plus familier, il enseigne aux hommes le moyen de
          mériter la faveur divine (12-23).
             34 Appel à la justice divine — Ce Psaume est l'expression
          d'une âme en proie à une profonde douleur et une vive émotion.
          Prières, plaintes, cris d'espérance s'y succèdent brusquement.
          Les mêmes pensées et les mêmes sentiments reviennent tour à
          tour dans les trois parties dont il se compose : vers. 1-10 ; 11-
          18 ; 19-28. Quoiqu'il se rapporte directement à la situation de
          David pendant la persécution de Saül, Notre-Seigneur s'en est
          approprié quelques mots du vers. 19 (Jean, 15, 25) nous
          indiquant par-là que, dans le sens spirituel, David figure ici
          Jésus-Christ en butte à la haine des Pharisiens, particulièrement
          au temps de sa passion.
             35 Malice de l'impie ; bonté de Dieu — David commence
          par décrire la profonde perversité des méchants (vers. 2-5) ;
          puis, pour rassurer les justes, que cette peinture aurait pu
          effrayer, il met en regard le tableau de la miséricorde et de la
          fidélité de Dieu envers ses serviteurs (6-13).
             36 Le bonheur du méchant ne dure pas (La Providence
          justifiée) — C'est sur la fin de sa vie que David composa ce
          Psaume, fruit de sa longue expérience. Il s'adresse à tous ceux
          qui seraient tentés de se décourager ou de murmurer en voyant
          les méchants dans la prospérité, et les justes dans l'affliction et
          la souffrance : cette prospérité et cette souffrance, leur dit-il, ne
          sont qu'accidentelles et passagères ; le malheur ne manque
          jamais d'atteindre le méchant ici-bas, et le juste est assuré de
          retrouver   le  bonheur.   Dans    l'Ancien  Testament,   les
          récompenses promises aux fidèles serviteurs de Dieu sont
          surtout des biens temporels. Non pas que les Hébreux
          ignorassent l'existence d'une vie future ; mais les notions qu'ils
          en avaient étaient encore obscures et confuses, et cette croyance
          n'avait que peu d'influence sur leur vie morale. Grâce aux
          lumières que l'Évangile a fait briller dans le monde, les

                                       261
   256   257   258   259   260   261   262   263   264   265   266