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PSAUTIER MONASTIQUE


          Dieu le prendra avec lui. Pour résoudre cet important problème,
          le Psalmiste n'avait que les faibles lumières de l'Ancien
          Testament. Aussi ne fait-il qu'indiquer, sans les expliquer
          clairement, les magnifiques compensations réservées aux justes
          dans le futur. Le plus humble chrétien, instruit à l'école de
          Jésus-Christ, en sait beaucoup plus sur ce point qu'il n'a plu à
          Dieu de révéler aux Israélites de l'ancienne loi.
             49 Le vrai culte agréable à Dieu — Dieu veut être honoré
          surtout par un culte intérieur : telle est la pensée mère de ce
          Psaume. L'auteur débute par une introduction où Dieu est
          représenté apparaissant sur le mont Sion (comme il avait apparu
          autrefois sur le Sinaï), pour juger son peuple au sujet de
          l'accomplissement de la loi (vers. 1-6). S'adressant d'abord aux
          Israélites fidèles, mais trop attachés aux formalités extérieures
          du culte, au détriment de ce qui constitue l'essence de la
          religion, il leur rappelle que le sacrifice vraiment agréable à
          Dieu est celui d'un cœur rempli de reconnaissance et d'amour
          envers le Seigneur (7-15) ; ensuite il reprend les Israélites
          violateurs de la loi et les menace de châtiments s'ils ne se
          convertissent (16-23).
             Cet enseignement du vieil Asaph s'adresse aussi aux
          chrétiens. Sous des formes de langage qui semblent ne
          s'appliquer qu'aux Juifs de l'ancienne loi, le lévite inspiré
          apprend aux enfants de l'Église que les pratiques extérieures de
          dévotion ne sont que des moyens pour arriver à la véritable
          dévotion intérieure, laquelle consiste surtout dans l'amour de
          Dieu et du prochain.
             50 Acte de contrition — Le titre du Psaume en explique
          suffisamment l'occasion et le sujet. Un an environ après que
          David eut péché avec Bethsabée, femme d'Urie, et fait périr ce
          dernier, le prophète Nathan était venu lui apporter l’assurance
          que le Seigneur lui avait pardonné ce double crime (II Rois, 12).
          Loin de mettre fin à la douleur du royal pénitent, ce pardon lui
          fit sentir plus vivement encore la grandeur de sa faute. Faisant
          donc appel à la miséricorde divine, il demande non seulement
          d'être lavé plus complètement de son péché, mais encore d'être
          guéri de la blessure morale que ce péché a faite à son âme (vers.
          3-14) ; en reconnaissance, il invitera les pécheurs à revenir à
          Dieu, il célébrera ses louanges et lui offrira le sacrifice d'un
          coeur humble et contrit (15-19). Les versets 20-21, ajoutés
          pendant la captivité, renferment une prière pour la restauration
          de Jérusalem et du temple.





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