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PSAUTIER MONASTIQUE


             Les interprètes sont fort partagés sur les circonstances
          historiques qui ont donné lieu à la composition de ce Psaume.
          Les uns le rapportent, comme les sept autres de cette série, à
          l'invasion de Sennachérib, d'autres à la captivité de Babylone.
          Mais l'opinion la plus probable est qu'il a été composé sous le
          règne de David. Pendant que ce roi était occupé à combattre les
          Syriens du côté de l'Euphrate, les Iduméens, poussés par leur
          vieille haine contre Israël, firent une invasion dans ce pays et y
          exercèrent de grands ravages : massacres, pillages, vente des
          captifs. Ils ne purent cependant s'emparer de la capitale, et
          David, vainqueur des Syriens, ne tarda pas à tirer des
          envahisseurs une vengeance éclatante ( II Rois, 8, 13 et suiv.).
          Le revers des Israélites fut donc de courte durée, mais il fit une
          vive impression sur l'un des fils de Coré, qui le décrit dans ce
          Psaume sous de sombres et tragiques couleurs. — David
                                                                e
          composa aussi un Psaume sur le même sujet ; c'est le 59 .
             Les Juifs du temps des Machabées avait souvent sur leurs
          lèvres les strophes de ce cantique (I Macch. 1, 66) ; et S. Paul
                                        e
          (Rom. 8, 36) en cite le vers. 22 verset à propos des souffrances
          que les premiers chrétiens avaient à endurer. C'est donc à bon
          droit que les Pères l'ont entendu, dans le sens spirituel, des
          martyrs de l'Église chrétienne.
              44 Chant royal : Jésus-Christ et son Église — Ce cantique a
           pour objet de célébrer les noces d’un grand roi. Il a une
           première application à Salomon et à son mariage avec une
           princesse égyptienne (III Rois, 3, I). Mais ce sens est
           incomplet, et tous les Pères, après S. Paul (Hébr. 1, 8 sv.) ont
           trouvé dans ce Psaume une signification bien supérieure. Ce roi
           magnifique, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Roi Messie ;
           la reine, c'est l'Église, c'est-à-dire les juifs convertis à
           l'Évangile par la prédication des Apôtres ; les vierges, ses
           compagnes, amenées par elle au Roi Messie, ce sont les nations
           idolâtres devenues chrétiennes. Rien de plus ordinaire, dans la
           sainte Écriture, que la figure de l'union nuptiale pour
           représenter l'alliance de Dieu avec son peuple, l'union de Jésus-
           Christ avec son Église.
              Dans la liturgie, ce qui est dit de la reine est appliqué à la
           Sainte Vierge, parce que Marie est la plus haute et la plus sainte
           personnification de l’Église. On peut l'appliquer aussi à toute
           âme chrétienne que la grâce unit à Jésus-Christ par les liens les
           plus intimes.
              On peut diviser ce Psaume en deux parties, dont l'une est
           consacrée au Roi, et l'autre à la Reine.



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