Ne rien préférer à l’amour du Christ "
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Moniales bénédictines

Avec Dom Prosper Guéranger...

Saint Suaire de Turin

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Septembre : mois consacré à
Saint Michel Archange et aux Saints-Anges.



 


8 septembre
Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie

    


 


Comment la Vierge Marie peut-elle m'aider à connaître Jésus ?

    


 

  




Saint Augustin d’Hippone (354-430) guérit un malade

En 718, Luitprand, roi des Lombards, homme pieux et tolérant, apprend que la Sardaigne (Italie) est devenue la proie des Sarrasins où, autrefois, lors de l’invasion des Vandales, le corps de saint Augustin avait été transporté depuis Hippone (Algérie actuelle).

Luitprand envoie dans l’île des messagers qu’il charge de transporter les reliques de saint Augustin à Pavie (Italie, Lombardie). Après bien des péripéties, les envoyés du roi lombard réussissent à emporter la dépouille du saint jusqu’à Gênes (Italie, Ligurie). Luitprand, escorté par ses soldats, s’apprête à recevoir le convoi funèbre aux portes de la ville. L’accueil des habitants est un triomphe.

Le lendemain matin, les quatre porteurs essayent de soulever le cercueil de bois contenant les précieuses reliques. En vain ! L’objet, qui hier encore était parfaitement transportable, pèse désormais tellement que les quatre gaillards ne peuvent même pas le remuer. Luitprand, étonné, leur demande de réessayer. C’est un nouvel échec. Que faire ?

Le roi se met à prier le Seigneur, promettant de faire bâtir à ses frais une église en l’honneur de saint Augustin à condition que le cercueil retrouve son poids initial. Une seconde après, les porteurs se saisissent sans aucune difficulté de la caisse en bois et le convoi peut repartir.

 

Le pape Boniface VIII a élevé saint Augustin au rang de Docteur de l’Église en 1298




 



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Le curé d’Ars connaît le secret d’une âme

Saint Jean-Marie Vianney (1786 – 1859) fut pendant plus de quarante ans le curé du petit village d’Ars-sur-Formans. Il eut les plus grandes difficultés à mener ses études jusqu’au sacerdoce. Rien ne laissait présager que ce modeste prêtre attirerait bientôt des foules venues de toute la France pour se confesser à lui. Dès les années 1830, des milliers de pèlerins font plusieurs jours de voyage pour recevoir son absolution. De nombreux témoins lui attribuent un discernement exceptionnel des consciences et le don de prophétie. Au confessionnal, il n’était pas rare qu’il ait connaissance de faits intimes ignorés de tous. Ce don peu spectaculaire est toujours mis au service de la conversion : non pour révéler des secrets, mais pour ouvrir les âmes à la miséricorde du Christ.

Les raisons d'y croire

Dès la fin des années 1830, les foules se pressent à Ars afin de se confesser à l’abbé Vianney. Il faut souvent attendre plusieurs jours avant d’accéder au prêtre. Celui-ci ne tolère aucun passe-droit et ne tient compte d’aucune recommandation qui servirait de coupe-file. Ni la fortune ni la naissance n’y font rien : chacun doit attendre son tour. Ce pauvre prêtre, réputé ignorant et vivant lui-même dans la pauvreté, attire d’une façon surnaturelle la France entière vers lui.

Pourtant, sans raison apparente, il lui arrive parfois, lorsqu’il vient à l’église, de faire signe à telle ou telle personne qu’il ne connaît absolument pas de passer avant les autres pour la confession. Il arrive que ces personnes protestent, disant ne pas vouloir resquiller. Il leur répond alors qu’elles ne peuvent pas attendre et qu’elles doivent rentrer chez elles au plus vite. Au confessionnal, il leur précise en des termes sibyllins qu’elles comprendront ensuite la raison de cette urgence : un malheur à empêcher, un drame soudain chez elles, une maladie grave qui va les clouer au lit… Ces prédictions se révèlent toujours exactes. En d’autres cas, il repère de grands pécheurs qui risqueraient de se raviser s’ils attendaient trop longtemps. L’abbé Vianney, comme Padre Pio au siècle suivant, dira que ces inspirations lui viennent de son ange gardien, qui lui indique les personnes vraiment pressées.

C’est ainsi qu’un jour, dans les années 1840, il donne la priorité à une dame en grand deuil, venue de Lyon et qu’il n’a jamais vue. En passant près d’elle, il lui dit : « Ne pleurez pas. Il est sauvé. » Un instant plus tard, au confessionnal, cette dame lui explique que, veuve depuis peu, elle désespère du salut de son mari. Criblé de dettes, celui-ci s’est jeté dans le Rhône. On lui a refusé des obsèques religieuses, selon l’usage de l’époque, qui interdit l’accès à l’église aux suicidés. La veuve et ses proches sont persuadés de la damnation de cet homme qui, outre le fait de s’être suicidé, s’affirmait anticlérical et ne pratiquait jamais. Sa damnation était en effet une hypothèse très plausible, contre laquelle peu de prêtres, à l’époque, auraient osé s’élever.

L’étonnant est que le curé d’Ars ne plaisante pas avec le risque de se damner, dont il brandit souvent la menace. Quand on le lui reproche, il répond qu’il aime mieux pousser les âmes vers le Ciel un peu brutalement que les laisser se perdre par une indulgence déplacée. Il n’est donc pas un laxiste persuadé que nous irons tous au paradis, ce qui n’est d’ailleurs pas dans les mœurs du temps. On comprend ainsi que ces propos ne correspondent pas à ses inclinations naturelles.

Comme la veuve peine à y croire, l’abbé Vianney a cette formule magnifique : « Entre le pont et l’eau, il y avait place pour le repentir et pour le pardon. » Dire cela réclame une grande audace, tant cette affirmation va à rebours de ce que l’on enseigne alors, et même de ce dont il est convaincu.

Cependant, devant les doutes de la veuve, il lui révèle des détails personnels que nul, à part elle, ne peut connaître : « Vous souvenez-vous que, chaque vendredi soir, votre mari rentrait chez vous avec des fleurs, qu’il vous offrait ? Il savait que vous les déposeriez aux pieds de la Sainte Vierge et c’est à elle, ainsi, qu’il les offrait en réalité sans le dire. C’est ce qui l’a sauvé, car elle a intercédé pour lui au tribunal de Dieu et lui a obtenu des grâces de conversion au dernier instant. »

L’abbé Vianney ajoute qu’il faudra beaucoup prier pour l’âme du défunt, car celui-ci est malgré tout condamné à un long purgatoire.

Cette anecdote, rapidement connue, puisque les gens racontaient les grâces spéciales dont ils avaient bénéficié, est authentique. Comme dans bien d’autres cas, le curé d’Ars ne pouvait qu’ignorer les détails qu’il évoquait. Ceux-ci lui étaient révélés par l’ange gardien de la pénitente, témoin des scènes en question.

Il y a un équilibre étonnant entre l’annonce de la miséricorde divine, si abondamment offerte au pécheur repentant, fût-ce à l’ultime seconde, et le rappel d’une justice céleste dont on ne parle plus guère aujourd’hui, mais qui était très souvent évoquée au XIXe siècle. Le tempérament de l’abbé Vianney ne le poussant pas à l’indulgence, on peut penser qu’il parlait là directement in persona Christi (« à la place du Christ »), privilège du prêtre au confessionnal comme à l’autel.

Si cet épisode n’est pas le plus spectaculaire de la vie du curé d’Ars, il illustre particulièrement bien la grandeur du sacerdoce, qui lui arrachait ce cri : « Si l’on savait ce que c’est que le prêtre, on en mourrait ! »

 

En savoir plus

On sait que le curé d’Ars était devenu un véritable forçat du confessionnal. Il y passait chaque jour plus de quinze heures, par tous les temps, mourant de froid l’hiver et de chaleur l’été. Il poursuivit ce ministère jusqu’à la fin de sa vie, tellement fatigué qu’il lui arrivait de s’y évanouir d’inanition et d’épuisement, ou d’être incapable d’en sortir sans aide, tant il était noué de douleurs.

 

Les foules improbables qu’il attira rapidement étaient certaines, lorsqu’elles s’adressaient à lui, de rencontrer vraiment le Christ au tribunal de la pénitence. Elles prouvent qu’il y avait chez ce confesseur un don particulier. Celui-ci ne passait pas nécessairement par des phénomènes extraordinaires de lecture dans les âmes ou de prophétie, qui restaient exceptionnels, mais par une capacité d’écoute, de compréhension et d’accueil. Cette aptitude étonnait de la part d’un prêtre qui avait eu tant de mal à étudier et agaçait certains confrères riches de diplômes.

Ceux-là ne savaient pas l’indicible souffrance que ce ministère représentait pour l’abbé Vianney. Il payait très cher les grâces de conversion qu’il obtenait. Au moins durant les premières années, alors qu’il était encore un jeune homme, il découvrit au confessionnal des abîmes de mal que, innocent, il était loin de soupçonner. Ces fautes l’épouvantaient, comme autant d’abominables offenses faites au Christ souffrant.

Si l’on se souvient que lui-même avait failli être submergé d’horreur et de désespoir après avoir obtenu, à son imprudente demande, la révélation de l’état de son âme, pourtant si sainte, on imagine l’effroi qui le saisissait lorsqu’il était confronté aux terribles péchés des autres. On comprend aussi son besoin de rappeler l’existence de l’enfer, où ces coupables risquaient de tomber.

 

Cela explique d’ailleurs les réactions enragées du Grappin contre « le mangeur de patates ». Selon le mot de Baudelaire, son contemporain, la meilleure astuce du démon est de laisser croire qu’il n’existe pas. Les avertissements de ce petit curé le contrariaient donc particulièrement.

Dans ces conditions, on comprend pourquoi, à plusieurs reprises, l’abbé Vianney tenta de quitter Ars, d’échapper à sa renommée et aux charges qu’elle lui imposait. Aucune de ces fugues n’aboutit jamais. Il resta jusqu’au bout rivé, tel un galérien à son banc, à cette tâche ardue de réconcilier les pécheurs.

Le fameux « Entre le pont et l’eau, il y avait place pour le repentir et le pardon » annonce la célèbre formule de Padre Pio réconfortant un grand coupable qui se croyait perdu : « Tu as coûté trop cher à Jésus pour qu’il t’abandonne. » Ces paroles rappellent que l’on n’en appelle jamais en vain à la miséricorde, quels que soient les péchés.

Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.

Aller plus loin

 

Francis Trochu, Le Curé d’Ars. Saint Jean-Marie-Baptiste Vianney (1786 – 1859), d’après toutes les pièces du procès de canonisation et de nombreux documents inédits, Lyon et Paris, Librairie catholique Emmanuel Vitte, 1925.

Cette biographie monumentale, fondée sur les pièces du procès de canonisation et de nombreux documents alors inédits, demeure l’ouvrage de référence le plus complet sur la vie, le ministère et les charismes du curé d’Ars.

1000 raisons de croire

 


  


L'un des plus grand maître
de la spiritualité catholique

Un article paraîtra chaque semaine

- textes choisis -


XXV - Le chemin de la sainteté




Litanies de la Vierge Marie

 

À LIRE ...

 

    



  

Le saint Curé d’Ars : une « vieille affection » pour la Vierge Marie

Jean-Marie Baptiste Vianney, dit le Curé d'Ars ou le saint Curé d'Ars (1786-1859), a toujours vécu sous le regard de la Vierge Marie qu’il affirmait « bien connaître ». Patron des prêtres de France et des curés du monde, il fut le curé d’Ars (aujourd’hui Ars-sur-Formans, dans l’Ain) pendant 41 ans.

 

La place de Marie dans l'histoire du Salut.

Toute l'Écriture et la Tradition nous disent la volonté de Dieu d'associer Marie à la réalisation de l'histoire du Salut. Cela s'accomplit au moment de la vie terrestre de Jésus, mais aussi tout au long de l'histoire de l'Église qui, à l'image de Marie, Vierge et Mère, continue d'enfanter le Corps du Christ. Le Curé d'Ars a la foi « catholique ». Il reçoit tout ce qui est cru. Cela oriente son action et détermine ses choix. Puisqu'il est dans la volonté de Dieu que Marie ait une place parmi les hommes qui cheminent vers le Ciel, Jean-Marie Vianney lui donne « toute » sa place. Puisqu'elle a encore une œuvre à accomplir, il compte sur elle. Autrement dit, son rapport avec la Vierge Marie n'est pas de l'ordre de la dévotion privée, facultative. Elle fait partie intégrante des éléments qu'il faut tenir ensemble pour l'accomplissement de l'œuvre du Salut. Sans opposer la vie affective à l'intelligence de la foi, le Curé d'Ars prend tout : « La Sainte Vierge est ma plus vieille affection. Je l'ai aimée avant de la connaître ! » 

 

Une dévotion qui remonte à l’enfance.

La maman de Jean-Marie Vianney, Marie Belluse, a aidé, guidé, conduit cette âme naturellement bien disposée, à un bel épanouissement de sa vie spirituelle où la Vierge Marie trouve tout naturellement sa place. Cette dévotion n'est pas plaquée sur sa vie. Elle y est parfaitement intégrée. Sa vie spirituelle imprègne sa vie humaine, marque sa vie quotidienne. On sait qu'il lui a coûté de donner son chapelet à sa sœur Gothon « pour l'amour de Dieu ». Sa mère l'a remplacé par une statue de Notre-Dame à laquelle il va être très attaché. « Il ne la quittait ni le jour ni la nuit », dira Catherine Lassagne. C'est devant elle qu'il prie lorsque sa mère le retrouve à quatre ans, dans l'étable de Dardilly (Rhône-Alpes). C'est cette même statuette qu'il lance devant lui dans le sillon pour se donner du cœur à l'ouvrage... Comme sa mère le lui a appris, quand il entendait sonner l'heure à l'horloge de la paroisse, il se découvrait et récitait un Ave Maria. Il gardera cette habitude avec ses paroissiens. Marie l'accompagne tout au long de sa rude montée vers le sacerdoce. 

Père Frédéric Vollaud – Notre histoire avec Marie


À méditer ...

Que la crainte et la charité de Dieu nous gardent à l’abri du démon!

Personne ne peut être dit père des esprits, que Dieu, qui les a faits, lorsqu’il lui a plu ; les hommes n’ont droit qu’au titre de pères de notre chair. Le diable donc, en tant que créature spirituelle, angélique, et bonne à l’origine, n’eut pas d’autre père que Dieu, qui lui donna l’existence. Mais il s’enfla d’orgueil, et dit dans son cœur : « Je m’élèverai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. » (cf. Is 14,13) C’est alors qu’il devint menteur et qu’ « il n’est pas demeuré dans la vérité » (Jn 8,44). Davantage, dès là qu’il tire le mensonge de son propre fonds, il ne devient pas seulement menteur, mais père du mensonge. On le voit bien, lorsqu’il promet à l’homme la divinité : « Vous serez comme des dieux » (Gn 3,5), dit-il ; « il n’est pas demeuré dans la vérité ». Bien plus, il devient homicide dès le commencement, lorsqu’il introduit Adam en la condition mortelle et que l’instigateur du crime, il fait périr Abel par la main de son frère. (…)

Prions donc le Seigneur, que sa crainte et sa charité qui ne sait point mourir, persévèrent en nous sans défaillance. Elles nous rendront sages en toutes choses, et nous garderons toujours à l’abri des coups du démon. Avec de tels gardiens, il est impossible de tomber dans les pièges de la mort. C’est précisément la différence qui sépare les parfaits des imparfaits, que chez les premiers, la charité, profondément enracinée et parvenue, pour ainsi parler, à un plus mûr développement, possède aussi une plus inébranlable constance, et les maintient plus fermement à la fois et plus aisément dans la sainteté ; tandis que moins fortement établie chez les seconds et plus facile à se refroidir, elle les laisse se prendre plus vite fréquemment aux filets du péché.

Saint Jean Cassien

« Nos lampes s'éteignent »

 

« Les cinq vierges folles, en prenant leurs lampes, n'avaient pas emporté d'huile avec elles ; les sages au contraire portaient avec leurs lampes de l'huile dans des vases. » L'huile désigne ici l'éclat de la gloire ; les vases, ce sont nos cœurs, dans lesquels nous portons toutes nos pensées. Les vierges sages portent de l'huile dans leurs vases, parce qu'elles gardent au-dedans de leur conscience tout l'éclat de leur gloire, comme le dit saint Paul : « Ce qui fait notre gloire, c'est le témoignage de notre conscience » (2Co 1,12). Les vierges folles au contraire n'emportent pas d'huile avec elles, parce qu'elles ne portent pas leur gloire dans le secret de leur cœur, c'est à dire qu'elles la demandent aux louanges d'autrui.

« Mais au milieu de la nuit, un cri retentit : ' Voici l'Epoux qui vient, allez au-devant de lui ! ' » Alors toutes les vierges se lèvent. Mais les lampes des vierges folles s'éteignent parce que leurs œuvres, qui du dehors paraissaient éclatantes aux yeux des hommes, ne sont plus au-dedans que ténèbres à l'arrivée du Juge ; et elles ne reçoivent de Dieu aucune récompense, ayant pour elles déjà reçu des hommes ces louanges qu'elles aimaient.

Saint Grégoire le Grand

« Qu'il me suive »

  En péchant, l'homme avait couvert sa route d'obstacles, mais celle-ci a été aplanie lorsque le Christ l'a foulée à sa résurrection et qu'il a fait, d'un sentier étroit, une avenue digne d'un roi. L'humilité et la charité sont les deux pieds qui permettent de la parcourir rapidement. Tous sont attirés par les hauteurs de la charité, mais l'humilité est le premier degré qu'il faut monter. Pourquoi lèves-tu le pied plus haut que toi ? Tu veux donc tomber et non monter ? Commence par la première marche, c'est-à-dire l'humilité, et déjà elle te fait monter.

      Voilà pourquoi notre Seigneur et Sauveur ne s'est pas borné à dire : « Qu'il renonce à lui-même », mais il a ajouté : « Qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ». Que signifie : qu'il prenne sa croix ? Qu'il supporte tout ce qui lui est pénible, c'est ainsi qu'il marchera à ma suite. Dès qu'il aura commencé à me suivre, en se conformant à ma vie et à mes commandements, il trouvera sur son chemin bien des gens qui le contrediront, qui chercheront à le détourner, qui non seulement se moqueront de lui, mais le persécuteront. Ces gens-là ne se trouvent pas uniquement parmi les païens qui sont hors de l'Église ; il s'en trouve même parmi ceux qui semblent être dans l'Église, si on les juge de l'extérieur...

      Dès lors, si tu désires suivre le Christ, porte sa croix sans plus attendre et supporte les méchants sans te laisser abattre... « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. » Si donc nous voulons mettre cela en pratique, efforçons-nous, avec l'aide de Dieu, de faire nôtre cette parole de l'apôtre Paul : « Si nous avons de quoi manger et nous habiller, sachons nous en contenter ». Il est à craindre que si nous recherchons plus de biens terrestres qu'il ne nous en faut, « voulant nous enrichir », nous ne « tombions dans le piège de la tentation, dans une foule de désirs absurdes et dangereux, qui précipitent les gens dans la ruine et la perdition » (1Tm 6,8-9). Daigne le Seigneur nous prendre sous sa protection et nous délivrer de cette tentation.

Saint Césaire d'Arles




  

LA RÈGLE DE SAINT-BENOÎT