Ne rien préférer à l’amour du Christ "
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Moniales bénédictines

Avec Dom Prosper Guéranger...

Saint Suaire de Turin

Zita de Habsbourg, dernière Impératrice d'Autriche
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LA PENTECÔTE
Dom Prosper Guéranger
les Dons du Saint-Esprit


 

 



Icône réalisée par une moniale
de l'Abbaye Sainte-Marie des Deux-montagnes


 


Emplie du feu de l’amour divin, insensible à celui de la terre

Née en 1347, Catherine de Sienne se consacre très tôt à une vie de prière, de pénitence et de charité, au service des malades et des plus démunis. Tertiaire dominicaine, elle exerce une influence spirituelle remarquable, nourrie par une expérience mystique intense, faite de visions et d’une profonde union à Dieu. Dès l’enfance, des signes étonnants jalonnent son existence, comme cet épisode où elle fut retrouvée indemne après être tombée et être demeurée longuement couchée dans un brasier ardent, suscitant la stupéfaction générale. Elle meurt à Rome le 29 avril 1380, à l’âge de trente-trois ans.

Les raisons d'y croire

Certains sceptiques aimeraient pouvoir réduire l’expérience mystique de Caterina Benincasa à une série de troubles mentaux. Mais ce point, parfaitement attesté, échappe à toute interprétation psychique ou pathologique.

Le reflexe actuel, par excès de rationalisme, serait d’asséner qu’il ne peut s’agir que d’un fait légendaire. Mais rappelons que cela impliquerait un mensonge grave de la part de plusieurs témoins. En effet, les personnes qui ont constaté l’accident en ont été profondément bouleversées, persuadées que Catherine n’y survivrait pas. Elles en témoigneront comme d’un des plus grands prodiges qui l’ait entourée.

Parmi ces témoins, un dominicain d’origine anglaise, le père William Flete, son confesseur, qui constate avec stupeur, lui aussi, l’impossibilité des faits. Il est difficile d’accuser chacun d’eux de mentir, d’autant qu’ils déposeront devant les autorités ecclésiastiques en vue de la canonisation de la sainte.

Depuis sa prime jeunesse, Catherine est sujette à des extases de durée variable et si fréquentes que son entourage n’y prête plus attention, comme s’il s’agissait, pour elle, d’un état ordinaire. Certains raconteront, et l’on en dira autant plus tard d’autres saints, que ces moments d’union à Dieu ne l’empêchaient pas de poursuivre des activités banales : couture, surveillance du repas, épluchage des légumes, comme si de rien n’était. Cela explique pourquoi ses proches, blasés, ne s’en préoccupent pas et n’imaginent pas que la jeune fille, en cet état, pourrait se blesser. Négligents, persuadés qu’il ne peut rien lui arriver, ils la laissent donc seule, parfois assez longtemps, et l’assument.

Ce jour-là, Catherine est seule à la cuisine, en train de tourner la broche et de surveiller la cuisson du repas quand l’extase la saisit. Une de ses compagnes, Lisa, entrant dans la cuisine, est frappée d’épouvante : Catherine est tombée dans le foyer allumé et y demeure allongée au milieu des flammes. Pourtant, quand les autres, accourus aux cris de Lisa, relèvent la future sainte, on constate qu’elle est indemne, sans trace de brûlure, ni sur elle ni sur ses vêtements. Les témoins soulignent aussi que ses habits, intacts, ne dégagent, pas plus que ses cheveux, la moindre odeur de brûlé.

Il faut se souvenir aussi que l’histoire de la sainteté connaît d’autres exemples de ce phénomène dit d’incombustibilité. Il ne faut pas confondre cette incombustibilité, qui empêche le feu de porter atteinte à la personne, avec l’insensibilité, qui empêche non de se brûler, mais de souffrir de la brûlure.

Un exemple, plus récent et médicalement observé, s’est déroulé devant une foule de témoins : celui de Bernadette Soubirous. En mars 1858, extatique pendant l’apparition de Notre Dame, elle ne se rend pas compte que la flamme du cierge tenu dans sa main gauche est en train de lui brûler la paume droite. Un médecin présent, le docteur Dozous, libre penseur notoire, interdit, au nom de la science, que l’on prenne le cierge, et il minute le temps pendant lequel Bernadette se brûle avant de constater, soudain converti, que la fillette n’a aucune marque de brûlure sur sa main.

En ce qui concerne Catherine de Sienne, mère Francis Raphaël Drane – une dominicaine dont la biographie de la sainte fait toujours autorité comme étant le travail le plus complet et le plus sérieux –, tient l’incident pour parfaitement véridique. Elle s’appuie pour cela sur le témoignage du père Flete, qui interprète le phénomène comme la démonstration que l’être tout entier de Caterina est consumé par le feu de l’amour divin, au point que le feu terrestre ne peut plus lui causer de nuire.

En savoir plus

L’on met volontiers en avant le rôle politique remarquable qu’a joué sainte Catherine de Sienne, notamment par ses interventions auprès des papes pour les encourager à revenir à Rome. Cependant, cette dimension admirable ne peut pas occulter la richesse de sa vie mystique.

Chercher du côté de troubles psychiques présumés des explications aux innombrables phénomènes mystiques qui emplissent sa vie depuis son enfance ne tient pas : un tel diagnostic ne serait pas conciliable avec son intense activité et le parfait équilibre des conseils de direction qu’elle dispense. Notre esprit moderne pourrait aussi avoir tendance à vouloir les attribuer à un merveilleux médiéval dépassé dont il ne faut plus tenir compte. Mais comment réduire la chute de Catherine dans la cheminée de la cuisine familiale à une pieuse légende, avec des témoins directs de l’accident ? Tous rappellent que, pour des raisons liées aux activités familiales de teinturerie, le feu en question est toujours entretenu au maximum…

Nier les faits, c’est oublier que l’Église reconnaît l’existence de « miracles de protection », épargnant, de façon parfois spectaculaire, à des victimes d’accident des conséquences normalement mortelles. Il n’y a donc aucune raison de refuser le bénéfice d’une grâce de ce type en faveur de celle que le Christ avait mystiquement épousée , sauf à vouloir limiter Dieu dans les miracles que nous l’autorisons à faire. On cite d’autres cas de protection surnaturelle, sans doute moins mythiques qu’il a été de bon ton de le dire, tel l’apôtre Jean, condamné à être jeté dans une marmite d’huile bouillante à Rome, et qui en est ressorti indemne, pas plus incommodé que s’il avait pris un bain parfumé agréable, épisode commémoré par la fête de la Saint-Jean-Porte-latine. D’autres passions de martyrs évoquant des bûchers qui s’éteignent spontanément ou des saints impassibles dans les flammes sont donc peut-être vraies.

Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté. – 1000 raisons d’y croire

 






  


L'un des plus grand maître
de la spiritualité catholique

Un chapitre paraîtra chaque semaine

- textes choisis -


XI - La grâce divine




Litanies de la Vierge Marie

 

LE PURGATOIRE

Livre en 16 articles qui paraîtront successivement les 1er 3e et vendredi des prochains mois.

Ces articles sont un sommet de théologie spirituelle rarement atteint sur le sujet du dogme catholique de la Communion des Saints : interrelation constante de l’Église militante, souffrante et triomphante. L’auteur nous demande de nous insérer dans une union mystique commune avec nos frères et sœurs qui demandent notre aide par nos prières dans l’amour miséricordieux du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Ayant lu et méditer les articles de ce livre, il est impossible de ne pas pratiquer et partager cette dévotion découlant du divin amour !

       

Chapitre XIV

CROYANCE AUX APPARITIONS ET MANIFESTATIONS
DES ÂMES DU PURGATOIRE DANS LES ÉCRITURES
ET LA TRADITION

 

À LIRE ...

 

     



  

Disons souvent avec Marie : Magnificat anima mea Dominum !

Quel est ce Seigneur que la bienheureuse Vierge magnifie ? (…) La très sacrée Vierge loue et magnifie le Père éternel de l'avoir associée avec lui dans sa divine paternité, la rendant Mère du même Fils dont il est le Père. Elle magnifie le Fils de Dieu, de ce qu'il a bien voulu la choisir pour sa Mère et être son véritable Fils. Elle magnifie le Saint-Esprit, de ce qu'il a voulu accomplir en elle la plus grande de ses œuvres, c'est-à-dire le mystère adorable de l'Incarnation.

Elle magnifie le Père, le Fils et le Saint-Esprit des grâces infinies qu'ils ont faites et qu'ils ont dessein de faire à tout le genre humain.

Apprenons d'ici qu'un des principaux devoirs que Dieu demande de nous, et une de nos plus grandes obligations vers sa divine Majesté, est la reconnaissance de ses bienfaits, dont nous devons lui rendre grâce de tout notre cœur et avec une affection très particulière. Ayons donc soin d'imiter en ceci la glorieuse Vierge, et de dire souvent avec elle : Magnificat anima mea Dominum !

Saint Jean Eudes, Un commentaire du Magnificat, Livre dixième du Cœur Admirable


À méditer ...

Je prie pour eux

Le Seigneur a non seulement prié pour les hommes quand il vivait lui-même au milieu d'eux, mais […] aujourd'hui encore il intercède pour nous, alors qu'il siège à la droite du Père, dans les cieux. Et puisqu'il habite le cœur des élus par la foi, on peut dire à bon droit qu'il intercède quand il les incite à intercéder. Il intercède aussi en leur faveur quand il dit : « Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés, car ils sont à toi. »

Et quand il se répandit en prières et en larmes, il ne le fit pas pour ses propres fautes – il n'en avait commis aucune –, mais pour que nous soyons sauvés. Car ce Médiateur entre Dieu et les hommes vécut parmi les hommes à la manière des hommes, mais par sa puissance divine, il pénètre les profondeurs célestes.

St Bède le Vénérable

Prier dans l’Esprit par des gémissements ineffables

Celui qui demande à Dieu la seule chose qui importe et la recherche (cf. Ps 26,4), peut le faire avec certitude et confiance. (…) Ce bien unique est la paix qui surpasse tout entendement, nous ne savons pas le demander comme il faut dans nos prières. Car ce que nous pouvons imaginer dans sa réalité, nous ne le connaissons pas véritablement ; et d’autre part, tout ce qui nous vient à la pensée et que nous rejetons, refusons et réprouvons, nous savons que ce n’est pas l’objet de notre recherche, même si nous ignorons encore ce que représente réellement cet objet.

Il y a donc en nous ce que j’appellerais une docte ignorance, instruite par l’Esprit de Dieu qui soutient notre faiblesse. Car, après avoir dit : « Si nous ne voyons pas ce que nous espérons, nous l’attendons avec patience », l’Apôtre ajoute : « Nous ne savons pas ce que nous devons demander, mais l’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements ineffables. Et celui qui scrute les cœurs connaît l’aspiration de l’Esprit : il sait qu’il intercède pour les saints » (cf. Rm 8,25-27).

Ceci ne doit pas s’entendre de façon à nous faire croire que l’Esprit Saint de Dieu, qui est Dieu immuable en la Trinité et un seul Dieu avec le Père et le Fils, intercède pour les saints comme quelqu’un qui n’est pas Dieu. On dit qu’il prie pour les saints parce qu’il fait prier les saints. Il les fait donc prier par des gémissements ineffables en leur inspirant le désir de ce grand bien encore inconnu que nous attendons avec patience.

Saint Augustin

Faire une seule pâte et un seul pain

Le jour de la Pentecôte, l'Esprit ramenait à l'unité les tribus séparées et offrait au Père les prémices de toutes les nations. C'est pourquoi aussi le Seigneur avait promis de nous envoyer un Défenseur (cf. Jn 16, 7) qui nous accorderait à Dieu.

Car, comme de farine sèche on ne peut, sans eau, faire une seule pâte et un seul pain, ainsi nous, qui étions une multitude, nous ne pouvions non plus devenir un dans le Christ Jésus sans l'Eau venue du ciel. Et comme la terre aride, si elle ne reçoit de l'eau, ne fructifie point, ainsi nous-mêmes, qui n'étions d'abord que du bois sec, nous n'aurions jamais porté du fruit de vie sans la Pluie généreuse venue d'en haut. Car nos corps, par le bain du baptême, ont reçu l'union à l'incorruptibilité, tandis que nos âmes l'ont reçue par l'Esprit. C'est pourquoi l'un et l'autre sont nécessaires, puisque l'un et l'autre contribuent à donner la vie de Dieu.

St Irénée de Lyon




  

LA RÈGLE DE SAINT-BENOÎT