

Il y a des jours ou les patrons et les saints ne suffisent pas
A celle qui est infiniment jeune,
Parce qu'aussi elle est infiniment mère.A celle qui est infiniment droite,
Parce qu'aussi elle est infiniment penchée.A celle qui est la plus imposante.
Parce qu'aussi elle est la plus maternelle.A celle qui est infiniment éternelle.
Parce qu'aussi elle est infiniment temporelle.A celle qui est infiniment au-dessus de nous.
Parce qu'elle est infiniment parmi nous.A celle qui est la mère et la reine des anges.
Parce qu'elle est aussi la mère et la reine des hommes.A celle qui est infiniment joyeuse,
Parce qu'aussi elle est infiniment douloureuse.
Septante et sept fois septante douloureuse.A celle qui est infiniment touchante,
Parce qu'aussi elle est infiniment touchée.A celle qui est toute Grandeur et toute Foi,
Parce qu'aussi elle est toute Charité.A celle qui est toute Foi et toute Charité,
Parce qu'aussi elle est toute Espérance.A celle qui est Marie.
Parce qu'elle est pleine de grâce.A celle qui est pleine de grâce.
Parce qu'elle est avec nous.A celle qui est avec nous.
Parce que le Seigneur est avec elle.
Charles Péguy
Dans Le porche du Mystère de la deuxième vertu


Bienheureuse Dina Bélanger : aimer et laisser faire Jésus et Marie (+1929)
La devise de Dina Bélanger, qu’elle découvre à l’âge de vingt-six ans, résume toute sa vie : « Aimer et laisser faire Jésus et Marie. » Elle l’explicite dans son Autobiographie : « Aimer, cela veut dire l’amour jusqu’à la folie, jusqu’au martyre… Laisser faire Jésus, c’est-à-dire laisser agir librement le Dieu d’amour ; laisser faire Marie : lui confier aveuglément le soin de réaliser son Jésus enveloppé dans le manteau de mon être extérieur. » Dina est éprise de Jésus dès son enfance : « Jésus m’a mise sur la terre pour ne m’occuper que de lui. » Sa vie est une ouverture absolue à Dieu, dans l’abandon confiant de tout ce qu’elle est. En elle se vérifie la parole de saint Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » ( Ga 2,20 ).
Les raisons d'y croire
L’autobiographie de Dina Bélanger, qu’elle appelle son « chant d’amour » et qu’elle écrit par obéissance, a touché le cœur de milliers de personnes à travers le monde depuis sa première édition en 1934. Ce journal de son âme est devenu un incontournable de la littérature spirituelle du XXe siècle.
Après de brillantes études au conservatoire de New York, elle renonce à une carrière musicale pour répondre à l’appel du Christ d’entrer chez les religieuses de Jésus-Marie, afin de vivre au cœur de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit.
À l’instar de grands mystiques chrétiens, Dina vit une intimité avec la Trinité en participant à leur soif d’amour pour les âmes. Le 22 janvier 1927, elle reçoit les stigmates invisibles des plaies du Christ et participe chaque semaine à sa Passion.
Le 4 septembre 1939, un enfant de neuf mois, souffrant d’une hydrocéphalite, est guéri miraculeusement par Dina. Ce miracle sera reconnu après enquête pour sa béatification par Jean-Paul II en 1993. Elle avait dit avant sa mort, à l’âge de trente-deux ans : « Je donnerai de la joie. »
Dina Bélanger montre que chaque baptisé a une vocation et une mission dans l’Église et le monde. Pour bien les découvrir, elle propose surtout deux grandes attitudes intérieures : l’écoute aimante de la parole de Jésus et l’abandon confiant à son amour miséricordieux.
En savoir plus
Dina naît à Québec, le 30 avril 1897. Enfant unique de Séraphia Matte et d’Olivier Bélanger, elle a une enfance heureuse. Elle fait ses études primaires à l’école Saint-Roch, puis devient pensionnaire au collège Bellevue. Très jeune, l’Esprit Saint oriente sa liberté vers le désir d’être sainte, c’est-à-dire d’être brûlée d’amour pour Dieu et le prochain.
La jeune Dina commence à entendre intérieurement la voix de Jésus dès 1908, et à voir des tableaux du mystère eucharistique que Jésus lui présente et qu’elle ne connaît pas. Elle précise dans son Autobiographie : « Je m’explique une fois pour toutes au sujet des expressions que j’emploierai telles que : "Je voyais…","Jésus me dit…" et autres semblables. Cela signifie : je voyais dans mon imagination ; Jésus me dit par la voix intérieure que toute âme entend au fond de son cœur au moment des consolations divines. »
À quatorze ans, elle se consacre à Dieu en faisant un vœu privé de virginité. C’est à cette époque qu’elle lit Histoire d’une âme, de Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui n’est pas encore sainte, mais qui deviendra sa patronne avec sainte Cécile. Elle écrit en 1923 : « Thérèse de l’Enfant-Jésus, par son intercession, m’a ouvert le jardin de la confiance. Alors j’ai goûté le vrai fruit de l’abandon. Et toute son action, inutile de le dire, porte le cachet de l’amour. »
En 1914, Dina demande son entrée chez les religieuses, mais sans succès. Elle s’offre en victime de réparation au début de la guerre afin de consoler Jésus et de sauver des âmes. Elle vit chez ses parents jusqu’en 1916, puis elle se rend au conservatoire de New York pour y poursuivre pendant deux ans des études de piano. Elle traverse une épreuve intérieure d’aridité spirituelle qui dure six ans. Jeune fille au caractère droit et sensible, elle devient, à vingt-quatre ans, une élégante pianiste de concert.
Rompant avec une possible carrière artistique, Dina choisit la voie cachée de la prière en rentrant chez les religieuses de Jésus-Marie, à Sillery. Le 15 février 1922, elle reçoit le nom de Sainte-Cécile de Rome. Cette congrégation lui convient bien car elle est toute centrée sur l’eucharistie. Jésus appelle Dina : « Ma petite moi-même. » Celle-ci comprend que, comme le Fils est uni au Père par l’amour, comme le Cœur de Marie est aussi uni au Cœur de Jésus, le Christ est uni à chacun de nous dans l’Eucharistie, où il nous offre avec lui au Père.
Après sa profession, le 15 août 1923, elle est envoyée comme enseignante de musique à Saint-Michel de Bellechasse. Elle contracte aussitôt la scarlatine qui dégénère en tuberculose pulmonaire. En mars 1924, sa supérieure lui commande d’écrire le récit de sa vie. Elle noircit sept cahiers, à la mine de plomb. Elle commence ainsi : « Ô Jésus, écris toi-même ces pages pour chanter mon cantique d’actions de grâces ; pour révéler ta bonté et ta puissance divines dans un être aussi abject que le mien, pour prouver, une fois de plus, que le paradis, le bonheur parfait de l’âme ici-bas, consiste à t’aimer et à te laisser faire. »
Dina s’abandonne à la voix intérieure du Christ qui se confie à elle dans un dialogue d’amour. La première partie de son Autobiographie raconte sa montée spirituelle, alors que la seconde parle de son union transformante avec ce Christ dont l’amour immense veut embraser toutes les âmes. Cet acte d’obéissance d’écrire son « chant d’amour » lui coûte beaucoup car elle doit se regarder pour analyser son passé, elle qui veut s’ancrer dans le moment présent pour y vivre maintenant l’union à Dieu.
Jésus se substitue de plus en plus à Dina. Le 3 octobre 1924, elle obtient la permission de prononcer le « vœu le plus parfait », qui est la voie de l’abandon total, du don à Jésus de sa volonté à chaque instant. Un jour, le Christ lui dit : « Tu ne me posséderas pas plus au Ciel, car je t’ai absorbée en entier. » À cette même période, Thérèse de Lisieux, qui a aussi vécu sur la terre une union intime au Christ, est canonisée en 1925. Comme elle, Dina veut « vivre et mourir apôtre d’amour ».
Paradoxe du christianisme que d’unir joie et souffrance, puisque l’amour absorbe tout. Dina goûte au calice de la passion du Christ. Le 22 janvier 1927, elle reçoit les stigmates invisibles du Christ. Elle écrit : « Notre-Seigneur m’accorda une grande faveur : les stigmates d’amour de ses plaies sacrées. » Elle écrit de très belles pages sur « l’essence de l’Essence de la Très Sainte Trinité », ce « Cœur des Trois, son éternel chez-nous ».
Dina meurt le 4 septembre 1929 à l’âge de trente-deux ans. Elle est inhumée au cimetière du couvent des religieuses de Jésus-Marie-de-Sillery. Cinq années plus tard, paraît son Autobiographie, qui est traduite en plusieurs langues. Elle continue ainsi son chant d’amour : « Au Ciel, je donnerai de la joie. »
Le 20 mars 1993, le pape Jean-Paul II béatifie Dina Bélanger en même temps qu’il canonise Claudine Thévenet, la fondatrice de sa congrégation. Aujourd’hui, Dina est un chemin lumineux pour les chercheurs de Dieu et une messagère universelle de l’amour. À la première lecture de sa messe, célébrée le 4 septembre, on y lit : « Que mon nom soit gravé dans ton cœur, qu’il soit marqué sur ton bras. Car l’amour est fort comme la mort, la passion est implacable comme l’abîme. Ses flammes sont des flammes brûlantes, c’est un feu divin ! » ( Ct 8,6 )
Jacques Gauthier, auteur et théologien , a écrit plus de quatre-vingts livres, dont une cinquantaine en spiritualité. Cet article est en partie tiré de son blogue et de son livre sur le parcours spirituel de Dina Bélanger.
Au-delà
Dina Bélanger s’est donnée très jeune au Christ, ne voulant que lui plaire dans l’intimité de la prière. Renonçant à une brillante carrière de pianiste pour devenir religieuse à Québec, elle vit l’union mystique avec la Trinité par le cœur eucharistique de Jésus. Béatifiée par Jean-Paul II en 1993, elle laisse un héritage spirituel d’une richesse exceptionnelle qui rappelle celui de Thérèse de l’Enfant-Jésus. Elle continue à donner de l’amour et de la joie aux personnes qui la prient : « Au Ciel, je serai une petite mendiante d’amour : la voilà, ma mission ! »
Aller plus loin
Dina Bélanger, Autobiographie. 5e édition revue, corrigée et augmentée. Québec, Religieuses de Jésus-Marie, 1995.
1000 raisons d’y croire
XXVI - Les obstacles à l'amour de Dieu
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Litanies de la Vierge Marie
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Honorer Marie comme Reine avec les Litanies de Lorette
À l’occasion de la fête de Marie Reine, le 22 août, et pour la prier comme Reine, nous vous présentons un extrait des Litanies de Lorette, qui l’invoque sous ce titre.
Les Litanies de Lorette
Les louanges mariales se sont développées à partir du XIIe siècle avec la dévotion du Rosaire, mais également avec le développement du futur dogme de l’Immaculée Conception. Ce dogme marial, qui ne sera en effet promulgué officiellement que le 8 décembre 1854, par la constitution apostolique Ineffabilis Deus du pape Pie IX, établit que Marie a été la seule des créatures humaines à bénéficier d’une conception exempte du péché originel. La Vierge Marie, la Toute Pure, était déjà vénérée très tôt dans l’Église.
Ces litanies de Lorette ont été à l’honneur dans le sanctuaire de Lorette en Italie, dès le XVIe siècle et ont été largement diffusées, notamment par les Jésuites, pour lutter contre la réforme protestante en Allemagne, au XVIe s. Cette prière, constituée de répétitions psalmodiées « priez pour nous » est une demande d’intercession, qui qualifie la Vierge Marie de différents titres.
Parmi les titres, qui font l’éloge de la Vierge Marie à partir de nombreux symboles, figure celui de Reine.
Prions Marie Reine avec les Litanies de Lorette
Si les Litanies présentent Marie comme Mère, elles la célèbrent aussi comme Reine. Nous vous proposons aujourd’hui de la prier comme reine, en psalmodiant ces Litanies :
Reine des Anges, priez pour nous Reine des Patriarches, priez pour nous Reine des Prophètes, priez pour nous Reine des Apôtres, priez pour nous Reine des Martyrs, priez pour nous Reine des Confesseurs, priez pour nous Reine des Vierges, priez pour nous Reine de tous les Saints, priez pour nous Reine conçue sans le péché originel, priez pour nous Reine élevée au ciel, priez pour nous Reine du Saint Rosaire, priez pour nous Reine de la famille, priez pour nous Reine de la paix, priez pour nous. Amen.
Isabelle Rolland – Marie qui défait les noeuds
À méditer ...
Dans le Christ, fils de la Reine du ciel
Sur quoi repose cette heureuse certitude d’être fils de la Reine du ciel ? Avant tout, sur le dogme de notre incorporation au Christ en qualité de membres.
Une femme n’est-elle pas mère dès qu’elle est source de vie pour autrui ? Dès qu’elle communique la vie dont elle jouit elle-même ? Dans l’ordre surnaturel, d’où vient en nous cette vie divine destinée, non pas à finir avec la mort comme notre vie corporelle, mais à s’épanouir en gloire dans l’éternité ? Ève nous a donné la vie selon la nature et le péché ; mais la vie de la grâce est descendue vers nous par Marie. Marie est la nouvelle Ève associée par sa prédestination au nouvel Adam. Combien efficace ne fut pas sa coopération à l’œuvre rédemptrice ! Lors de l’Annonciation, comme nous l’avons dit, c’est à son consentement que Dieu, en quelque manière, voulut subordonner la venue de son Fils. La Vierge devint dès lors la créature privilégiée qui communique à tous le don de Dieu, la vie surnaturelle ; elle acceptait sa maternité selon l’ampleur des intentions divines. Or, les desseins de Dieu comportaient qu’elle fût mère non seulement du Christ, mais encore de tous ses membres. (…)
En acceptant d’être fils de Marie, nous entrons pleinement dans les desseins miséricordieux du Seigneur. Le Père ne nous a-t-il pas « prédestinés à devenir conforme à l’image de son Fils » (Rm 8,29) ? (…) Quelle consolation ! Par notre vénération et notre amour envers Marie, nous parachevons peu à peu notre ressemblance au Sauveur.
Bienheureux Columba Marmion
Entrer dans le repos de Dieu
« Dieu vit tout ce qu'il avait fait : c'était très bon. (...) Et il se reposa, le septième jour, de toute l'œuvre qu'il avait faite » (Gn 1,31-2,2). Nous voyons que les œuvres de Dieu sont bonnes, et nous verrons son repos après nos œuvres si elles sont bonnes. C'est en signe de ce repos qu'il a prescrit au peuple des Hébreux l'observance du sabbat. Mais ils le pratiquaient d'une manière si matérielle qu'ils incriminaient notre Seigneur quand ils le voyaient opérer notre salut ce jour-là. Cela leur a valu cette réponse parfaitement juste : « Mon Père, jusqu'à maintenant, est toujours à l'œuvre, et moi aussi je suis à l'œuvre » (Jn 5,17), non seulement en gouvernant toute la création avec lui, mais encore en opérant notre salut.
Mais quand la grâce a été révélée, les fidèles ont été relevés de l'observance du sabbat qui consistait dans le repos d'un jour. Maintenant, par la grâce, le chrétien observe un sabbat perpétuel, si tout ce qu'il fait de bon il le fait dans l'espoir du repos à venir et s'il ne se glorifie pas de ses bonnes œuvres comme si elles étaient son propre bien et pas quelque chose qu'il a reçu. En agissant ainsi et en recevant et regardant le sacrement du baptême comme un sabbat, c'est-à-dire comme le repos du Seigneur dans son tombeau (Rm 6,4), il se repose de ses œuvres anciennes, marche dans les sentiers d'une vie nouvelle, et reconnaît que Dieu agit en lui, Dieu qui tout à la fois agit en lui en tant qu'il gouverne ses créatures comme il faut, et se repose, en tant qu'il a en lui la tranquillité éternelle.
Dieu ne s'est pas fatigué en créant, ni reposé en cessant de créer ; mais par le langage de la Sainte Écriture, il a voulu nous inspirer le désir de son repos. (...) Il a voulu sanctifier ce jour (...) comme si, même pour lui qui ne se fatigue pas au travail, le repos avait plus de prix que l'action. C'est bien ce que nous enseigne l'Évangile quand le Sauveur nous dit que Marie, quand elle s'est assise et tenue en repos à ses pieds pour écouter sa parole, a choisi une part meilleure que celle de Marthe, même si celle-ci s'affairait de bonnes œuvres en vue du service (Lc 10,39s).
Saint Augustin
Heureux le serviteur trouvé entrain de veiller !
Très cher Frère dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir un seigneur juste dans l'exercice de la puissance qui vous est confiée. (…)
Il faut être juste, et garder avec justice la cité de notre âme, en vivant dans la vraie et sainte crainte de Dieu ; il faut aimer la vertu, et détester le vice. De cette manière, nous goûterons le sang de Jésus crucifié ; la vraie et sainte justice brillera en vous, vous serez un maître juste et bon pour votre âme et votre prochain, mais pas autrement. C'est pourquoi je vous ai dit que je désirais vous voir un maître juste, afin que vivant avec justice, vous mainteniez le droit et la justice dans la charge que vous avez.
Mon très cher Frère, ne dormez plus ; mais secouez avec zèle votre sommeil. Revenons à nous, et n'attendons pas le temps, car le temps n'attend pas ; le temps est plus rapide que nous ne nous l'imaginons. Je voudrais que nous sortions de notre position, et que nous rompions les liens qui nous lient ; car celui qui est lié ne peut avancer, et il faut que nous avancions dans la voie de la vertu en suivant la doctrine de Jésus crucifié, qui est la voie, la vérité, la vie ; et celui qui le suit ne va pas dans les ténèbres, mais dans la lumière. Il faut donc marcher dans cette voie douce et droite.
Sainte Catherine de Sienne
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LA RÈGLE DE SAINT-BENOÎT
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