Page 275 - demo
P. 275

PSAUTIER MONASTIQUE


             Au sens moral, on peut, avec plusieurs auteurs spirituels,
          comparer l'âme en état de péché mortel à une ville prise d'assaut
          et saccagée par l'ennemi.
             79 Prière pour Israël captif — Un poète inspiré de la famille
          d'Asaph adresse une prière à Dieu, le Pasteur d'Israël, en faveur
          des dix tribus emmenées captives par Salmanasar, roi des
          Assyriens. Que le Pasteur d'Israël ait pitié de son peuple (vers.
          2-4), réduit à la dernière misère (5-8) ; ce peuple, c'est la vigne
          que Dieu avait transplantée d'Égypte dans le pays de Chaman
          (9-12) ; ses ennemis la livrent au pillage (13-14) ; que Dieu la
          protège, et Israël lui sera désormais fidèle (15-20).
             L'exquise beauté des images, la grâce et la noblesse du style
          font de ce cantique un des plus remarquables parmi ceux qui
          portent le nom d'Asaph. Un refrain termine la 1 , la 2 et la
                                                           re
                                                                 e
          dernière strophe.
             80 Exhortation à la célébration de la Pâque et à la fidélité en
          général — Le Psalmiste invite le peuple à célébrer joyeusement
          une fête (vers. 2-7) ; puis il lui adresse à cette occasion un
          discours, qu’il met dans la bouche de Dieu, et dans lequel, après
          avoir rappelé la délivrance de la servitude d'Égypte ; il exhorte
          Israël à la fidélité envers le Seigneur (8-17).
                                                                e
             Cette fête est, soit la fête des trompettes (1 jour du 7 mois,
                                                      er
          Lév. 23, 24), qui servait de préparation à celle des Tabernacles,
          soit plutôt la fête de Pâque, comme l’indiquerait le souvenir de
          la sortie d’Égypte rappelé dans le Psaume.
             81 Contre les juges iniques — Dieu menace de sa colère les
          juges iniques. On conjecture que l'auteur composa ce psaume
          pour venir en aide à quelque roi de Juda, Josaphat ou Ézéchias,
          désireux de rétablir dans ses États la bonne administration de la
          justice. Il appelle les juges des dieux, nom que Moïse leur
          donnait déjà (Exode 21, 6). Aux yeux de tous les peuples, le
          juge investi du droit de vie et de mort remplit une fonction
          sacrée ; chez les Hébreux, dont le Seigneur était le véritable
          souverain, il tenait plus directement encore la place de Dieu,
          Juge suprême de toute la terre.
             Dans le sens spirituel, ces menaces s'adressent surtout aux
          juges de Notre-Seigneur et aux persécuteurs de l'Église.
             82 Cri d'appel à Dieu — Le Psalmiste implore le secourt du
          Seigneur à l'occasion d'une coalition formidable des États
          voisins contre le royaume de Juda, probablement celle des
          Moabites, des Ammonites, etc., sous le règne de Josaphat (II
          Par. 20, 5-12). L'auteur de ce cantique est sans doute un lévite
          de la famille d'Asaph, nommé Jahaziel « qui était poussé par


                                       275
   270   271   272   273   274   275   276   277   278   279   280