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PSAUTIER MONASTIQUE


          l'histoire ; veritas, vérité ou fidélité, parce que les promesses et
          les menaces contenues dans la loi ont toujours leur
          accomplissement ; — justitia, justice ; — via, chemin ; — enfin
          sermo, verbum et eloquium, parole de Dieu. Un de ces noms se
          lit dans chaque verset, sauf un très petit nombre d'exceptions.
             Simple par les idées qu'il exprime, mais tout rempli des plus
          beaux sentiments d'amour, d'un amour tendre, vif et
          désintéressé pour la loi de Dieu, ce Psaume a inspiré aux Pères
          de l'Église qui l'ont commenté des instructions morales d'une
          grande richesse. Aucune page de l'Ancien Testament n'est plus
          pénétrée de l’esprit chrétien. Aussi l'Église l'a-t-elle inséré tout
          entier dans son office où il forme la matière principale des
          Petites Heures, (dans le bréviaire monastique, le dimanche et le
          lundi). Mme Périer, dans la vie de Pascal, son frère, raconte que
          cet illustre philosophe « avait un amour sensible pour tout
          l'Office divin, mais surtout pour les Petites Heures, parce
          qu'elles sont composées du Psaume 118, dans lequel il trouvait
          tant de choses admirables, qu'il sentait de la délectation à le
          réciter. Quand il s'entretenait avec ses amis de la beauté de ce
          Psaume, il se transportait en sorte qu'il paraissait hors de lui-
          même.
             On croit que ce cantique est postérieur à la captivité.
             119 Prière contre des ennemis perfides ( Contre les
          médisants) — Les Psaumes 119 à 133 sont intitulés Cantiques
          des degrés. Ce nom leur vient de ce qu'ils étaient chantés tour à
          tour, aux trois grandes fêtes de l'année, sur un des quinze degrés
          qui, dans le temple, conduisaient du parvis des femmes à celui
          des hommes. Selon d'autres, il faudrait traduire Cantiques des
          montées, parce que les Israélites qui se rendaient à certaines
          époques en pèlerinage à la ville sainte, qui montaient à
          Jérusalem, selon le terme consacré, les chantaient sur la route.
          Les deux explications ne s'excluent pas : il se peut, en effet, que
          ces Psaumes aient eu l'une et l'autre destination.
             L'auteur du Ps. 119 est inconnu ; il rappelle les maux de l'exil
          et se plaint à Dieu d'être encore obligé de vivre au milieu
          d'ennemis perfides et violents.
             On conjecture que ces ennemis étaient les Samaritains et les
          peuples païens du voisinage de la Palestine qui, non seulement
          molestèrent de mille manières les Juifs revenus de l'exil, mais
          encore s'efforcèrent, par des rapports mensongers, d'indisposer
          contre eux les rois de Perse (I Esdr. 4, 6 sv.).
             Dans le sens spirituel, l'âme chrétienne, exilée en ce monde,
          peut s'appliquer cette plainte du Psalmiste.


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